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		<title>La beaut&#233; comme &#233;motion</title>
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		<dc:date>2026-02-10T10:04:09Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>vinciane.vuilleumier</dc:creator>






		<dc:subject>Mathieu</dc:subject>
		<dc:subject>Vasarely</dc:subject>
		<dc:subject>Mus&#233;e d'art de Pully</dc:subject>
		<dc:subject>Riopelle</dc:subject>
		<dc:subject>Juilllet-Novembre 2021</dc:subject>
		<dc:subject>Art abstrait</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le Mus&#233;e d'art de Pully expose jusqu'en novembre une s&#233;lection d'&#339;uvres abstraites de la Fondation Gandur pour l'art, bas&#233;e &#224; Gen&#232;ve. L'occasion pour les amateurs d'abstraction d'exercer leur sensibilit&#233; au contact des divers courants de l'abstraction de l'apr&#232;s-guerre. De l'abstraction gestuelle et po&#233;tique d'un Georges Mathieu aux formes &#233;pur&#233;es d'un Vasarely, en passant par les reliefs patients d'un Riopelle : dans l'espace intimiste du mus&#233;e, la rencontre d'&#339;uvres rarement pr&#233;sent&#233;es au (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.utopiles.ch/spip.php?rubrique2" rel="directory"&gt;Histoire de l'art&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le Mus&#233;e d'art de Pully expose jusqu'en novembre une s&#233;lection d'&#339;uvres abstraites de la Fondation Gandur pour l'art, bas&#233;e &#224; Gen&#232;ve. L'occasion pour les amateurs d'abstraction d'exercer leur sensibilit&#233; au contact des divers courants de l'abstraction de l'apr&#232;s-guerre. De l'abstraction gestuelle et po&#233;tique d'un Georges Mathieu aux formes &#233;pur&#233;es d'un Vasarely, en passant par les reliefs patients d'un Riopelle : dans l'espace intimiste du mus&#233;e, la rencontre d'&#339;uvres rarement pr&#233;sent&#233;es au public saura ravir tous les publics.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les tableaux nous apprennent &#224; voir. Ils exercent notre sensibilit&#233; : par les tableaux, le pays deviendra paysage. Alain Roger parle de l'artialisation in visu : les productions culturelles, artistiques ou litt&#233;raires, constituent dynamiquement des r&#233;gimes de vision en nous montrant comme voir esth&#233;tiquement des portions du r&#233;el qu'on survolait jusqu'alors. Le premier pays a &#234;tre devenu paysage, c'est la campagne, puis il y a eu le bord de mer, l'immensit&#233; de l'oc&#233;an, le spectacle grandiose des Alpes. A force d'avoir vu de si belles repr&#233;sentations, on porte un &#339;il neuf et sensible sur le r&#233;el lorsqu'il se pr&#233;sente dans ces formes contempl&#233;es ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La r&#233;f&#233;rence de l'abstraction&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'en est-il de l'art qui s'est affranchi des formes ? Les applications &#233;paisses au couteau, les coulures, les grattages, tous les jeux de mati&#232;re de l'art abstrait &#8211; que nous apprennent-ils &#224; voir ? O&#249; devons-nous trouver plus tard, le regard affin&#233;, ces portions de r&#233;el qu'ont captur&#233;s les toiles abstraites ? Vers o&#249; diriger notre sensibilit&#233; nouvelle aux reliefs de l'huile et de l'acrylique ? Certains artistes laissent des indices : on s'approche de l'&#339;uvre et on aper&#231;oit du sable, des bris de verre ou de bois, des corps captur&#233;s dans le monde commun et recevant dans l'antre de l'atelier une nouvelle mission : montrer la beaut&#233; de ce qu'on ignore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'art et le temps qui passe&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que nous montre l'art abstrait ? Il nous dessine devant les yeux, dans les reliefs de son corps, tout &#224; la fois l'acte humain cr&#233;ateur au contact de la mati&#232;re et le temps inexorable qui emporte et emm&#232;ne. Le romantisme avait fait battre une premi&#232;re fois le c&#339;ur du temps : en nous montrant les ruines des anciens dans ses lumi&#232;res nostalgiques, dans ses cieux tortur&#233;s, il nous donnait &#224; sentir l'&#233;vanescence de la vie humaine et sa magnifique pr&#233;gnance dans la mati&#232;re, pr&#233;gnance qui surmonte le cours du temps et fait communiquer les &#234;tres par-del&#224; le vide laiss&#233; par la mort.La m&#233;ditation sur le temps, la m&#233;ditation sur la mort &#8211; l'approfondissement du sentiment de vivre, de l'exp&#233;rience humaine, par le retentissement des &#233;motions. Apprendre &#224; vivre, c'est apprendre &#224; sentir tout ce que vivre peut &#234;tre. La beaut&#233;, on dit que c'est l'harmonie des formes &#8211; mais non. Ce serait bien trop superficiel : la beaut&#233; apprend toute sa profondeur quand elle se reconna&#238;t dans l'&#233;motion. Si l'esprit a le r&#244;le de stabiliser l'exp&#233;rience pour nous garder de l'effroi du chaos originel, l'&#226;me &#8211; en tant que corps sensible de l'&#234;tre &#8211; ouvre tous les pores de l'existence par l'intensit&#233; des &#233;motions. C'est le romantisme, encore, qui a port&#233; devant le monde la beaut&#233; comme &#233;motion en nous offrant le sublime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La mati&#232;re picturale comme chair sensible&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'art abstrait travaille la chair du sentiment, lui aussi. Les surfaces lac&#233;r&#233;es, les &#233;paisseurs grav&#233;es, les toiles gribouill&#233;es, les traces de mains &#8211; c'est la mise en beaut&#233;, la mise en po&#233;sie de la d&#233;cr&#233;pitude. C'est une ode &#224; l'usure, et l'usure est belle parce que le temps qui passe est tellement charg&#233; d'&#233;motion. Comme la larme de Barthes devant la photographie d'enfance de sa m&#232;re : &#171; elle a &#233;t&#233;, en effet, ce moment a &#233;t&#233; dans un temps lointain, dans un pass&#233; qui m'&#233;chappe mais dont la trace m'&#233;meut &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#339;il sensibilis&#233; aux textures du monde&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'art abstrait forme l'&#339;il aux mati&#232;res marqu&#233;es par le temps, comme le romantisme enseignait la nostalgie du temps perdu devant les ruines antiques. O&#249; trouver le r&#233;el que chante au couteau l'art abstrait avec ses reliefs d'huile et d'acrylique ? Partout, pour ainsi dire &#8211; et le tissu urbain, dans toutes ses textures, &#233;mergent dans une lumi&#232;re aveuglante. Le graffiti illisible sur le mur d&#233;cr&#233;pit de la gare, les pierres us&#233;es par les pas dans le clocher de l'&#233;glise, les fibres de bois craquel&#233;es de la porte en vieille ville&#8230; tout peut devenir un t&#233;moignage de ce temps qui file et de ces mains humaines qui ont laiss&#233; la trace d'un instant vivant comme celui que l'on vit dans la contemplation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De l'usage personnel de l'art&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dit que les tableaux apprennent &#224; voir, que l'art peut changer la vie. On explicite moins souvent la nature exacte de cette transaction. On ne peut marteler la r&#233;alit&#233; en vue d'un id&#233;al en utilisant l'&#339;uvre d'art comme marteau. Avoir produit l'&#339;uvre, ce n'est pas suffisant. Dire que l'&#339;uvre change quelque chose &#224; la r&#233;alit&#233;, ce n'est pas suffisant. Pr&#233;tendre qu'on a pris conscience, ce n'est toujours pas suffisant. La boucle est seulement boucl&#233;e quand le savoir devient savoir-faire &#8211; quand le contenu intellectuel, formul&#233; par l'esprit en d&#233;duction des sensations, devient &#233;motion, devient chair et module l'&#234;tre-au-monde que nous sommes. Faire et consommer de l'art restent lettre morte tant que la substance con&#231;ue lors de la rencontre ne se transforme pas en un savoir-&#234;tre nouveau. La connaissance qu'on construit &#224; partir de l'art n'est qu'un premier temps, car le corps est l'origine et la finalit&#233; &#8211; et il ne fonctionne pas sur le mode de la connaissance, mais du savoir-faire. La ph&#233;nom&#233;nologie est le point de d&#233;part et la pragmatique sa ligne d'arriv&#233;e. Ainsi seulement, je crois, l'art est un outil de vie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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